VIH : un nouveau traitement prometteur à base d’anticorps

Dans un article qui vient de paraître dans la revue , des chercheurs américains et allemands rapportent les résultats d’une étude de phase 1 qui montre que l’administration d’un anticorps monoclonal stimule les défenses des personnes séropositives à produire des anticorps nouveaux et plus efficaces contre le VIH.

Selon une étude préliminaire, l’administration d’un anticorps monoclonal stimule la production de défenses plus efficaces contre le VIH.

Le développement des

thérapies antirétrovirales ont transformé l’avenir des personnes infectées par

le virus du sida. Alors qu’au début des années 1980, être

séropositif était presque synonyme de décès, ces traitements ont transformé le sida en une sorte de maladie chronique, contrôlée par l’administration de combinaisons différentes d’antirétroviraux.Mais les auteurs de cet article soulignent que malgré ces progrès, ces traitements doivent être administrés à vie sous peine de voir le virus flamber à nouveau et ne sont pas dénoués d’effets secondaires pouvant être graves ou altérant de façon importante la qualité de vie des patients.Un anticorps monoclonal puissant contre le VIH et stimulant les défensesLes chercheurs de l’Université Rockefeller à New-York et de l’Université de Cologne, Allemagne ont conduit des études préliminaires de phase 1 en utilisant un

anticorps monoclonal  baptisé 3BNC117. Selon le Dr Till Schoofs, auteur principal de cet essai, “cette étude met en évidence que l’administration d’une seule dose d’anticorps stimule la réponse immunitaire du patient pour produire des anticorps nouveaux et plus efficaces contre le VIH“. Et d’ajouter : “l’année dernière, nous avions rapporté que cet anticorps monoclonal pouvait réduire de façon très importante la quantité de virus présents dans le sang d’un patient, mais nous voulions suivre ces patients pendant une période de temps plus longue pour savoir de quelle façon leur

système immunitaire s’adaptait à cette nouvelle thérapie, et c’est ce que nous avons fait“.Des anticorps neutralisant de nombreuses souches du VIHL’efficacité de l’anticorps 3BNC117 s’explique par sa capacité à neutraliser de nombreuses souches du

VIH en empêchant le virus de se fixer aux récepteurs des

lymphocytes CD4, ce qui prévient l’infection et la destruction de ces cellules de l’immunité. La destruction de ces cellules est responsable de l’

immunodépression caractéristique du sida.Selon les auteurs, 3BNC117 neutralise plus de 80 % des souches du VIH identifiées dans le monde, ce qui fait penser aux chercheurs que cet anticorps monoclonal aide également le système immunitaire des patients à lutter contre le virus.Un suivi sur 6 moisDans ce dernier essai, les chercheurs ont administré une seule infusion d’anticorps 3BNC117 chez 15 patients ayant des taux élevés du VIH dans le sang ainsi que chez 12 patients sous antirétroviraux et avec une virémie indétectable. La totalité de ces patients ont été suivis pendant 6 mois.Après 6 mois, 14 des 15 patients qui avaient une virémie élevée avant l’infusion d’anticorps produisaient des nouveaux anticorps capables de neutraliser de nombreuses souches du VIH. Pour le Dr Schoofs “en général, plusieurs années sont nécessaires pour qu’une personne commence à produire des anticorps neutralisant le VIH, ce qui nous fait penser qu’en administrant plus d’une infusion de 3BNC117, nous pourrions obtenir de meilleurs résultats. Les 12 autres patients traités ont conservé une virémie indétectable”.Autres possibilités à explorerD’autres possibilités seront explorées avec cet anticorps monoclonal, notamment l’effet de stimulation des cellules du système immunitaire pour produire une élimination accélérée des cellules infectées ou encore, si 3BNC117 a le potentiel pour éliminer les virus qui se cachent dans des réservoirs du VIH (autres cellules de l’immunité, ganglions lymphatiques…) peu de temps après la primo-infection et qui échappent aux effets des antirétroviraux.S’agissant d’une étude de phase 1, c’est-à-dire préliminaire, les observations sont nombreuses et très positives. La suite dira si cette nouvelle thérapie verra le jour et quand.

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