Des chercheurs italiens ont entraîné deux chiens à détecter le cancer de la prostate dans des échantillons d’urine. Basés sur plus de 900 échantillons, les résultats sont prometteurs avec une précision de plus de 90%. Un espoir d’autant plus important que les tests diagnostiques du cancer de la prostate restent aujourd’hui imparfaits.
Pour détecter le cancer de la prostate, le flair du chien serait d'une redoutable efficacité.
Cancer de la prostate : un réel besoin de tests diagnostiquesLe
cancer de la prostate est le cinquième plus fréquent dans le monde et le premier cancer masculin en France. Son dépistage repose sur le
PSA et le toucher rectal. La seconde technique reste peu prisée des hommes et la première souffre d’un manque de spécificité et de précision. Un taux élevé en PSA peut être détecté chez des hommes qui n’ont pas de cancer. De fait, certains vont subir une biopsie qui va se révéler négative, une procédure invasive qui n’est pas sans risque. Une meilleure méthode de détection de ces cancers est donc nécessaire.Et dans ce domaine, les chercheurs peuvent s’appuyer depuis plusieurs années sur l’aide inespérée des chiens. S’ils sont entraînés, le flair du meilleur ami de l’homme est capable de détecter dans l’urine des patients des composés volatils propres au cancer de la prostate. Une étude italienne présentée dans le cadre du congrès annuel de la société américaine d’urologie qui s’est tenu à Orlando (Etats-Unis), du 16 au 21 mai 2014 et a été publiée dans l’édition du Journal of Urology du 10 avril 2015 confirme cette possibilité.Les chiens détectent le cancer avec une précision proche de 100 %Une équipe de chercheurs italiens a travaillé avec deux chiennes, âgées de 3 ans, formées à être renifleurs d’explosifs. Grâce à leur flair, ces animaux possèdent au moins dix fois plus de récepteurs olfactifs que les humains. Durant 5 mois, les chiennes ont été entraînées à identifier les composés organiques volatils spécifiques au cancer de la prostate et présents dans des échantillons d’urine.Ces chiens ont ensuite dû tester les échantillons d’urine de 362 patients atteints d’un cancer de la prostate à différents stades (d’un risque faible à un niveau métastatique) tous diagnostiqués, ainsi que ceux d’un groupe témoin de 540 personnes saines (dont 418 hommes et 122 femmes).Les résultats montrent que l’une des chiennes a correctement identifié 100 % des échantillons des participants ayant un cancer de la prostate (sensibilité de 100 %) et une spécificité de 98,7% (détection des patients non-atteints). L’autre chienne obtenait des résultats avec une sensibilité de 98,6 % et une spécificité de 97,6 %. La détection des malades était donc incroyablement précise et le nombre de faux positifs reste très réduit.Quelles applications cliniques peut-on espérer ?Le système olfactif d’un chien entraîné peut aboutir à une détection des composés organiques volatils du cancer de la prostate, concluent les chercheurs. De nouvelles études s’avèrent toutefois nécessaires et une telle expérience serait difficile à mettre en œuvre pour un test de détection à grande échelle.De plus, des questions demeurent sans réponse, notamment quelle est ou quelles sont les substances détectées par les chiens ? Un préalable indispensable à la mise au point de test plus facile d’accès, des “nez synthétiques“. Enfin comment les chiens pourraient-ils s’inscrire dans la pratique courante ? Les auteurs prévoient de conduire une étude pour suivre des patients ayant eu une biopsie négative avec un taux de PSA élevé.Pour détecter les cancers, les chiens ont du nez !Dès 1989, des études ont exploité le flair du chien pour détecter des cancers. En 2010, une équipe de l’hôpital Tenon en France a rapporté une sensibilité et une spécificité de 91 % pour la détection du cancer de la prostate en utilisant un berger malinois de l’Armée française. L’animal avait été spécialement dressé dans le cadre de cette expérience scientifique.L’odorat canin s’est aussi révélé efficace pour détecter des
cancers de la vessie, de la prostate,
du poumon, et, plus récemment,
de la thyroïde. La méthode de diagnostic a également fait ses preuves pour des tumeurs affectant les voies aériennes par des chiens entrainés et capables de déceler la présence de tumeurs cancéreuses dans l’haleine de patients atteints d’un cancer du poumon.David Bême Source : Olfactory System of Highly Trained Dogs Detects Prostate Cancer in Urine Samples – Gianluigi Taverna et al. – The Journal of Urology – Volume 193, Issue 4, April 2015, Pages 1382–1387 (
accessible en ligne)AFP/RelaxnewsClick Here: Fjallraven Kanken Art Spring Landscape Backpacks